Avec l’arrivée d’un quatrième larron, Sony, sur le terrain déjà occupé par Olympus, Panasonic et Samsung, plus de doutes : le segment des compacts à grand capteur est devenu prioritaire pour les fabricants d’appareils numériques. Dans son désir d’occuper largement le terrain, Sony n’a pas hésité à présenter deux modèles aux caractéristiques à peine différentes. Tous deux partagent le même capteur, disposent d’un écran inclinable (bravo !), et sont compatibles avec une nouvelle série d’objectifs (baïonnette Sony E-Mount). On regrettera l’absence d’un stabilisateur intégré au boîtier, certainement pour favoriser la compacité. Les deux Nex diffèrent principalement par le mode d’enregistrement vidéo : le Nex-3 filme en « HD-Ready » 720p, tandis que le Nex-5 atteint le Full-HD 1080p.
Les premiers essais confirment les grandes qualités du capteur dont ils sont équipés (format APS-C 15,6×23,4 mm, environ la moitié du « plein format » 24×36). Il s’agit de l’Exmor déjà vu sur les reflex Sony Alpha 450, 500 et 550, épaulé par un nouveau processeur de traitement d’image Bionz. Pour arriver avec près d’un an de retard sur ses concurrents au format Micro 4/3, Olympus et Panasonic, les Sony Nex réussissent à s’en démarquer nettement. D’abord du point de vue prix : un Sony Nex-3 équipé du 16mm f :2,8 pancake devrait être disponible à 500€ environ, contre 600 à 1000 € pour ses concurrents. Ensuite, par la compacité extrême que les designers de Sony ont réussi à obtenir. S’ils restent un peu épais pour se glisser dans une poche, les Nex-3 et Nex-5 s’avèrent nettement plus maniables que leurs concurrents.
Le mystère de la 3D à objectif unique
Enfin, du point de vue de l’ergonomie : l’interface utilisateur reste beaucoup plus « amateur » que celle d’un Panasonic GF-1 par exemple. Pas de molette de réglage secondaire, peu de boutons, on reste plus proche du monde des compacts que de celui des reflex. Cela n’empêche pas les Nex d’intégrer des fonctions très sophistiquées, comme un HDR automatique intéressant : trois images prises à la volée sont combinées pour améliorer la dynamique de l’image finale. Le mode de création automatique de panorama « par balayage » (on balaie l’horizon tout en appuyant sur le déclencheur, l’appareil prenant le nombre de photos nécessaires) est également présent, tandis que Sony annonce un mystérieux mode 3D via une mise à jour d’ici quelques mois. On peut voir sur le site WatchImpress une description de l’algorithme utilisé pour reconstruire le couple d’images stéréoscopique à partir des photos « balayées ».

Cinq ou six photos découpées en tranches, lesquelles sont regroupées selon deux points de vue = un couple d'images stéréoscopiques?
Très astucieusement, chaque photo est découpée en couples de tranches, dont l’une sera utilisée pour l’image de droite et l’autre pour l’image de gauche. Le geste du balayage induit un déplacement latéral suffisant pour assurer la mise en perspective : j’ai hâte de voir le résultat…
Un outil de rêve
L’approche de Sony consiste donc davantage à séduire les amateurs qui veulent progresser, qu’à fournir aux possesseurs de reflex un boîtier secondaire de taille réduite, comme Olympus ou Panasonic. Pour grossir le trait, Sony tire le marché des amateurs vers le haut, tandis que les autres tirent les boîtiers experts vers le bas. Cela passe également par le design : quand Samsung propose un reflex en miniature, Sony montre un gros compact. On retrouve d’ailleurs dans la disproportion entre le minuscule boîtier et les larges objectifs, le look des anciens bridges de la marque comme le Cybershot F707. Au final, voilà un appareil à capteur APS-C en ordre de marche pour à peine 350 grammes (287g boîtier avec carte et batterie, et 67g pour le 16mm f :2,8).
Je ne sais pas si le calcul de Sony va lui permettre de séduire les amateurs, mais ces boîtiers correspondent assez bien à mon cahier des charges personnel… Un grand capteur pour la qualité d’image (je sais, il faudra attendre encore un peu pour avoir un 24×36 dans ce type d’appareil) ; un objectif à focale fixe pour la discrétion et la luminosité (quoique je préfèrerais nettement un équivalent 35mm ouvert à f :2). Un écran inclinable (indispensable !) pour le confort de visée… Ceux qui l’ont pris en main ont noté le bruit du déclenchement plutôt violent, un défaut assez gênant en ce qui me concerne ; mais pour le reste, voilà un outil de rêve pour les voleurs d’images dans mon genre !
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