10 innovations qui vont (peut-être) bouleverser la photographie (part.1)

Quand on constate la frénétique course à l’innovation qui bouleverse les reflex numériques, on ne peut s’empêcher de rêver aux futures fonctions que nous réservent les fabricants…

Par Jean

Directeur de la rédaction

Le rythme d’apparition des réflex numériques, loin de faiblir après les grands salons fin 2008 et début 2009, semble encore gagner en intensité. Après les Nikon D5000, Canon 500D, Olympus E 450, ce ne sont pas moins de trois nouveaux reflex que Sony vient de présenter, les Alpha 320, 330 et 380. De son côté, Pentax laisse filtrer des infos sur le futur K-7.

sony-alpha380-1

Comment innover dans le secteur des DSLR ?

Dans chaque cas, on observe la nouvelle génération de boîtiers tenter d’apporter un petit plus, histoire de justifier le changement de millésime… Cette course à l’innovation reste d’ailleurs plutôt impulsée par les « petits », Olympus, Pentax, Sony ; ils se trouvent condamnés à l’originalité s’ils veulent exister face aux deux grands, Canon et Nikon. Olympus possède en particulier une longue tradition de créativité, ayant les premiers mis au point un système anti-poussières efficace, la visée LiveView, ainsi que les écrans orientables (pour un réflex). En caricaturant, on peut dire qu’ensuite, une fois la viabilité technique et commerciale d’une nouveauté validée, Canon et Nikon l’intègrent à leur gamme. On voit aujourd’hui le LiveView se généraliser chez les deux grands, tandis que l’écran orientable reste encore à venir chez Canon (un seul modèle, le 5000D, le propose pour l’instant chez Nikon).

Nouveautés incontournables

Les nouveautés de Sony disposent ainsi à la fois du LiveView et de l’écran orientable, à l’exception du modèle d’entrée de gamme (Alpha 230). Tout en intégrant les innovations absentes des précédents modèles, ils innovent (le terme est un peu fort…) principalement par le design de l’interface : à l’intention des utilisateurs novices, celui-ci illustre d’icônes originales l’effet des réglages du temps de pose ou du diaphragme.

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Les caractéristiques officielles du Pentax K-7 mentionnent, parmi de nombreuses fonctions intéressantes mais déjà vues ailleurs, la présence d’un mode HDR (haute dynamique). Pour faire face à des sujets très contrastés (contre-jours, portraits en plein soleil…), le K-7 pourra mixer automatiquement trois photos prises à des niveaux d’exposition différents. Cette innovation a été vue sur quelques compacts (Ricoh et Samsung), mais encore jamais appliquée à un reflex. Pourtant, l’incapacité à traduire de grands écarts de contraste demeure l’un des principaux points noirs du numérique par rapport à l’argentique : dans tous les autres domaines, résolution, sensibilité en basse lumière, rendu colorimétrique, la photo numérique offre désormais mieux que son ancêtre. Je prédis ainsi un grand avenir à cette fonction, qui va très probablement faire son apparition chez tous les petits camarades de Pentax.

10 innovations pour rêver

Et puisqu’on parle d’innovation, permettez-moi de rêver un peu et de vous proposer la liste des dix features que j’aimerais voir se généraliser dans les appareils photo de demain.

HDR Inside

La première innovation (vous allez me dire que je ne me fatigue pas trop) concerne encore une fois le HDR, une technologie déjà vue sur un reflex. Mais l’intégration que j’aimerais voir apparaître dans les boîtiers de demain va plus loin que ce que propose Pentax : je pense que nous verrons apparaître de véritables styles d’images, via des paramétrages prédéfinis de la courbe de tons (tone curve). Il s’agit de ce graphe qui détermine, pour chaque valeur de ton en 16 bits (obtenu en mixant les différentes photos d’origine), le ton de la valeur correspondante en 8 bits. Selon la courbe choisie, des résultats très différents peuvent être obtenus : il suffit d’aller explorer dans Flickr les images créées à l’aide du logiciel spécialisé Photomatix pour en être convaincu. Je ne pense pourtant pas qu’un jour les reflex intègrent un équivalent à Photomatix ; mais ils pourraient bien offrir divers « styles » prédéfinis qui présentent des résultats comparables. 

A mort le JPEG !

La seconde innovation que je réclame est toute simple : pitié, donnez-nous un format d’enregistrement meilleur que le JPEG ! Car on peut être bien convaincu de l’intérêt du Raw, que l’on traite en différé à l’aide de la puissance de son ordinateur personnel ; mais un format « instantané » peu destructif s’avère incontournable dans de nombreuses circonstances. Le plus rageant, c’est que ce format existe : il s’agit du JPEG2000, basé sur une compression en ondelettes. Comme son nom l’indique, ce format a été défini au début des années 2000 ; depuis cette époque, il est intégré aux principaux logiciels (dont évidemment Photoshop). Mais les fabricants de reflex n’en veulent pas ! On se perd en conjectures : question de performances ? La puissance des processeurs embarqués dans les boîtiers est aujourd’hui impressionnante, et rien ne serait plus facile que de leur associer une puce dédiée. Alors on évoque d’obscures questions de royalties… Flairant l’occasion d’imposer un format propriétaire, les grands éditeurs (Microsoft avec le HD Photo, Adobe avec le DNG) jouent des coudes pour prendre la place vacante, avec peu de succès pour l’instant.

EXIF automatiques

Pour me faciliter la tâche, je vous propose ensuite deux innovations sur le même thème : l’enrichissement automatique des données EXIF inscrites dans l’en-tête de chaque photo. On trouve aujourd’hui des puces capables de recevoir des signaux GPS à un prix dérisoire : pourquoi diable ne trouvent-elles pas refuge dans nos appareils photos ? Peut-être parce que disposer, pour chaque photo, d’un positionnement longitude/latitude n’apporte pas grand-chose ; alors que cette donnée, traduite à l’aide d’une base de noms géographiques, pourrait permettre l’inscription automatique de l’information de lieu parmi les mots-clés de chaque prise de vue. Je suis persuadé qu’un concepteur de processeur astucieux pourrait associer dans la même puce le récepteur GPS et son traducteur géographique « textuel ».

De même, on voit apparaître dans certains logiciels de base de données Image (comme iPhoto’09) des outils de reconnaissance de visage « éducables » : comprenez par là qu’on peut leur apprendre à distinguer tonton Aristide de mamie Cunégonde, à condition de leur fournir quelques portraits des individus en cause. Leur base de connaissance s’enrichit peu à peu, et permet assez rapidement d’indexer les visages les plus courants, famille, amis. Voilà également une fonction qui pourrait trouver sa place à l’intérieur même d’un appareil (même si j’admets que cette innovation concerne davantage les compacts grand-public que les reflex pour passionnés) : enrichir automatiquement les données EXIF de chaque photo avec les noms des personnes que l’appareil y aura reconnues… 

Innovation N°5 : la correction des défauts optiques. D’accord, je ne suis pas le premier à y penser : le principe de corriger par un traitement embarqué les défauts optiques (vignettage, aberrations chromatiques, distorsions) a déjà été mis en Å“uvre, en particulier sur les boîtiers Canon. Connaissant le type d’objectif utilisé, mais aussi le réglage du diaphragme, la distance de mise au point et (éventuellement) la position du zoom, on peut corriger ses défauts optiques. Il suffit pour cela de disposer d’une base de données, issues d’une calibration soigneuse. C’est le principe du logiciel DxO Optics Pro, au développement duquel j’ai (modestement) contribué. Mais l’étape suivante consisterait à proposer à l’intérieur même du boîtier, non pas l’accès à un fichier de corrections standards, basé sur l’analyse d’un zoom-type ; mais la création du fichier spécifique à l’objectif que l’on utilise. Il faudra prévoir une procédure selon laquelle l’appareil vise une mire bien éclairée ; une série automatisée de déclenchements serait lancée, pour chaque position de zoom, pour varier diaphragme et sensibilité ISO. Le processeur de l’appareil analysera les résultats pour en déduire les corrections nécessaires, lesquelles constitueront le fichier propre au couple appareil-objectif en cause. Ici, je veux bien admettre que la puissance de traitement nécessaire n’est pas négligeable ; mais l’opération de calibration n’a pas besoin d’être rapide…

(5 autres innovations radicales suivent dans un prochain article : ne quittez pas l’écoute, nous allons parler de sauvegarde automatique en WI-FI, d’écrans détachables et tactiles, du flux d’image AVANT déclenchement et bien sûr de carte de profondeur…)

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2 Comments

  1. Marco a rŽagi le 23 juin 10 | Permalien

    Mieux que le JPEG2000, qui lui reste un format propriétaire, donc fermer, donc à bannir, nous avons le PGF (Progressive Graphics File), format open source, un mini descriptif tirer de Wikipedia: « Parmi les différents avantages de ce format, on note principalement une vitesse de compression et décompression comparable à celle de JPEG et un résultat visuellement comparable à celui du JPEG 2000. Le format PGF utilise trois principales transformations afin de compresser les images. On retrouve, la transformée couleur, la transformée en ondelettes discrètes et la quantification. »

    l’URL exacte est:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Progressive_Graphics_File

    et le site officiel ici:

    http://www.libpgf.org/

  2. Marco a rŽagi le 23 juin 10 | Permalien

    J’oubliais, à propos de l’innovation numéro 5, ce serait le travail parfait pour « un linux » embarquer pour traiter l’image et les corrections en question.

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