Cette période de beta, prévue pour courir au moins jusqu’à la fin de l’année, permet aux utilisateurs de tester les nouveautés de Lightroom 3 avant sa mise en production effective. La première modification annoncée dans cette version concerne le rendu du moteur de dématriçage : depuis la sortie de Lightroom 2, des progrès sensibles ont été apportés aux algorithmes qui reconstruisent les pixels d’un filtre de Bayer. Rappelons qu’une image « raw » (c’est-à -dire brute) créée par un appareil de 14 mégapixels ne comporte en réalité que 14 millions de photosites, c’est-à -dire d’éléments soit rouges, soit verts, soit bleus. Pour chacun d’eux, les deux autres canaux sont manquants. Il s’agit alors, pour reconstituer un pixel RVB, de recréer les deux valeurs manquantes ; cela, en moyennant (astucieusement) les photosites proches dans la couleur correspondante. Les algorithmes utilisés ici jouent un rôle essentiel dans la capacité de reconstruction des fins détails. L’autre domaine où l’éditeur annonce une amélioration notable concerne le traitement du bruit, moins visible aux très forts ISO qui sont devenus aujourd’hui monnaie courante.
Mais si ces deux avancées nécessitent, pour être validées, des tests approfondis sur des images variées, je me suis d’abord intéressé aux modifications d’interface introduites entre Lightroom 2.5 et la version 3. Tout comme Aperture, son concurrent de chez Apple, Lightroom est un « intégré photo » apte à franchir chacune des étapes du flux de travail d’un photographe numérique. Comme tel, il regroupe à la fois : une base de données images, avec ses outils d’indexation et de sauvegarde ; un logiciel de retouche, capable d’intervenir globalement sur l’image et localement sur des détails ; enfin, un outil d’exportation permettant d’exploiter les photos sous forme électronique (diaporama, mail, web…) ou papier (module d’impression). Les différentes fonctions du logiciel sont ainsi accessibles dans cinq modules séparés, bibliothèque, développement, diaporama, impression, et web. Cette segmentation des tâches facilite l’organisation du travail du photographe, qui peut se concentrer successivement sur les différentes phases de son travail… du moins en théorie.
Aveu d’échec?
Car en observant l’évolution fonctionnelle dans laquelle s’engagent les développeurs de Lightroom 3, je me demande si l’architecture en modules du logiciel n’est pas en train de trouver ses limites. Pour prendre un exemple, il s’avère nécessaire de proposer désormais deux types de visualisation en grille, celle de la sélection sur le disque lors de l’import, et celle de la bibliothèque. De même, on peut afficher une image plein cadre dans deux modules, celui de la bibliothèque et celui du développement, avec bien entendu des options et des outils très différents. On ne va pas vers la simplification, là … Dans la Bibliothèque, un panneau permet d’accéder aux principales fonctions du module Développement, si par hasard le photographe souhaitait corriger le rendu d’une image sans changer de module. N’est-ce pas là l’aveu d’échec d’une segmentation trop systématique ? Si vous utilisez quotidiennement Lightroom (ce qui n’est pas mon cas, je l’avoue), n’hésitez pas à laisser un commentaire pour me contredire !







